Publié le : 12/12/2012 Mis à jour le : 20/02/2025
Marcello Carucci, grand amateur de voyages en deux-roues, raconte son extraordinaire expérience dans les déserts d'Afrique du Nord et de l'Ouest, directement à partir des pages de son carnet de voyage.
Le BLOG de MA-FRA a déjà couvert ses voyages(Cliquez ici), mais cette fois vous pouvez vivre son aventure directement à partir de ses mots.
Une expérience très impressionnante : affronter seul, en ne comptant que sur ses propres capacités et sa détermination.
Un voyage que Marcello n'oubliera pas de sitôt...
Le prochain article est le Journal de Marcello Carucci, qui relate son voyage en Espagne, au Maroc, en Mauritanie, au Sénégal et au Portugal. Bonne lecture.
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24-07
À 19 heures, je suis parti avec la moto de la maison et j'ai quitté le port de Civitavecchia à Rome.
25-07
À 15 heures, j'arrive au port de Barcelone (Espagne), je voyage toute la journée et la nuit, et pour me reposer, je dors sur un banc dans une station-service d'autoroute.
26-07
A 15h30, le navire quitte Algesiras en Espagne en direction de Tanger au Maroc.
27-07
13 h 30 Je suis à Agadir, au Maroc.
28-07
Je m'arrête à Bouydour au Maroc. La nuit, dans le désert, les policiers vérifient, à la lueur des bougies, mon passeport et mes papiers de moto, me demandent quelle profession j'exerce et notent tout sur une feuille de papier
29-07
Dans le désert, les premiers problèmes commencent : je tombe plusieurs fois en panne d'essence, mais j'ai l'aide de passants qui me fournissent quelques litres en échange de dollars ou, mieux encore, d'euros. Ce jour-là, je passe la frontière mauritanienne et aussitôt des individus louches s'approchent pour me demander de la nourriture ; puis d'autres difficultés surgissent sur la piste sablonneuse : je suis complètement bloqué et je dois recourir à l'aide d'individus locaux en échange de 30,00 euros. Je continue le voyage sur la piste et je m'enlise à plusieurs reprises ; pour m'en sortir, je dois charger le véhicule sur le pick-up, et tout cela pour un montant de plus de 600,00 euros. Il semblerait que les Mauritaniens, contrairement au Moyen-Orient, n'attendent que vos mésaventures pour vous saigner à blanc : un individu a d'ailleurs eu le culot de me demander jusqu'à 1.000,00 euros ! Cet imprévu m'a obligé à faire une halte obligatoire dans le désert, qui plus est avec un seul litre d'eau à boire... J'ai repris ma route et le soir je suis arrivé à Nouadhibou, toujours en Mauritanie, où j'ai passé la nuit dans un chalet de camping en compagnie de cafards peu ragoûtants. C'est là que je fais mes premières connaissances avec des habitants qui m'offrent de la nourriture, mais que je refuse très poliment car je suis végétarien ; je l'aurais fait de toute façon en raison des conditions d'hygiène précaires. De Barcelone en Espagne jusqu'ici, j'ai parcouru 3 900 km de désert en six jours, avec toutes les difficultés que je ne pouvais pas imaginer.
01-08
Je suis à la frontière mauritanienne (place rouge). Les douaniers et les policiers locaux se jettent sur moi comme des chacals, me demandant non seulement mes documents mais aussi de l'argent pour effectuer les opérations de dédouanement. Je refuse d'abord, je m'énerve et m'en prend à l'un d'entre eux, mais cela ne sert à rien car, étant seul, je suis finalement contraint de payer pas moins de 30,00 $ (tout cela à cause d'une corruption épouvantable des civils et des policiers) ! Je me détends en attendant que le bac traverse le fleuve qui doit m'emmener au Sénégal (5 heures d'attente longue et stressante entre chaleur, odeurs putrides et insolence des locaux). Ici, une scène me frappe et m'apitoie : des policiers frappent des enfants et des femmes avec la ceinture de leur pantalon pour les éloigner de nous, les étrangers, et comme si cela ne suffisait pas, ils les accompagnent de gifles et de coups de poing. Après avoir traversé le fleuve, le problème habituel se pose ; cette fois-ci, je ne sors que 3 dollars, mais les douaniers le prennent comme une insulte et se retournent contre moi. Un policier s'en aperçoit et intervient immédiatement, ce qui provoque une bagarre entre les agents et les civils. La tension est à son comble et la peur de tomber du vélo avec des conséquences que je vous laisse imaginer ! Dans la confusion, je parviens cependant à m'enfuir avec des Français qui ouvrent la voie avec leurs véhicules utilitaires. Au Sénégal, je suis immédiatement arrêté par deux policiers à moto à qui je demande des informations générales sur le pays. Ils m'assurent qu'il n'y a aucun problème, je retrouve donc ma sérénité et mon envie de voyager. Je reprends la marche vers St-Louis (Sénégal) mais soudain je me mets à pleurer en hoquetant, peut-être à cause du stress accumulé par la fatigue, la chaleur, la soif, le vent, mais surtout à cause de la joie d'être arrivé à destination "seul", avec une moto de route, sans l'aide d'un navigateur satellite et uniquement par la force de la volonté. Après avoir été coupé de tout contact pendant près de 4 000 km de désert, je me suis finalement retrouvé à seulement 200 km de DAKAR.
02-08
Je suis à Dakar, la ville est chaude, humide et très chaotique. Les gens m'accueillent comme un héros en m'applaudissant et en me faisant des signes de la main aussi bien le long des routes que depuis les voitures. Je suis heureux et enthousiaste car cela semble être la récompense de mon exploit qui a mis à l'épreuve mon endurance physique.
Malheureusement, nouveau problème : il me faut à tout prix trouver un nouveau pneu arrière, usé par la chaleur et l'état de la route. Comment me faire comprendre ? Je m'interroge. Je me tourne vers l'Ambassade, mais là, on me conseille simplement d'emmener la moto à Livourne et de prendre l'avion pour le retour ; le tout pour un prix si élevé et que je n'avais certainement pas envisagé avant le départ ! Comme si cela ne suffisait pas, le coup d'état en Mauritanie arrive aussi : la nervosité monte mais je ne renonce pas à penser aux pires moments du voyage. Ainsi, avec l'aide d'un policier local, après sept bonnes heures, je parviens à trouver un pneu usagé et je le monte enfin, en payant 150,00 euros. Chez le mécanicien, nous constatons un autre problème : le sable, en pénétrant partout (même dans le bloc de la clé de contact), a créé une fuite d'huile d'embrayage. J'ai heureusement résolu tous les problèmes avec l'aide d'un excellent mécanicien français. Ces mésaventures ont renforcé en moi la conviction que j'avais un Ange Gardien toujours à mes côtés !
05-08
Je quitte Dakar et reviens par le même itinéraire et les mêmes douanes. L'expérience acquise à l'aller m'a mis sur mes gardes et je réussis à passer avec un total de 10,00 $ plus 10,00 € supplémentaires.
06-08
Au crépuscule, j'arrive à la frontière entre la Mauritanie et le Maroc, les contrôles de la police mauritanienne sont effectués sous une tente par quelques soldats en uniforme mais pieds nus et allongés sur des lits de camp au milieu des mouches et des détritus.
J'arrive enfin à la douane au Maroc, j'embrasse le sol car j'ai l'impression d'être arrivé chez moi. J'échange quelques mots et j'établis de bonnes relations avec les policiers : nous prenons des photos, puis ils me proposent de dormir dans une chambre à même le sol, mais au chaud et à l'abri du vent et du sable.
07-08
Nouvelle escale à Bouydour (Maroc)
08-08
Je voyage toute la journée, puis le soir je me repose à même le sol dans une station-service locale (je suis toujours au Maroc). Je roule sur l'autoroute en direction de Rabat et l'incroyable se produit : de nombreuses personnes font de l'auto-stop devant moi, ce qui met tout le monde en danger et, pour couronner le tout, une dizaine de chiens sont également là en masse, ce qui, rien que d'y penser, me fait dire que je ne sais pas quel saint m'a protégé d'eux !
09-08
Je suis en Espagne
10/15-08
J'arrive au Portugal par l'Algarve et ses belles plages. C'est là que je rencontre les premiers Italiens qui veulent me prendre en photo après avoir entendu parler du tour que j'ai fait.
16-08
Fatima (Portugal)
17-08
Espagne
19-08
Lourdes
20-08
Bateau de Barcelone à Civitavecchia
21-08
Retour à Rome




















