Publié le : 26/10/2017 Mis à jour le : 20/02/2025
Extrait du journal de bord d'Andrea Pendibene.
"Je veux partir, quitter la poupe et affronter ce voyage . J'ai lutté de tout mon cœur pour être ici, pour représenter la marine et l'Italie dans cette compétition difficile.
Mon estomac se ferme petit à petit depuis une semaine, hier soir je n'ai pas mangé et j'ai moins fermé les yeux...
Dans les yeux sur les pontons, on peut voir la terreur des membres de la famille, des amis et des petites amies parce que nous savons tous que le temps n'est pas bon, puis le départ avec 80 bateaux, des hélicoptères, la presse, les journalistes sera un enfer, et revenir pour une pause en raison d'une distraction est normal dans ces occasions.
Je suis serein mais l'estomac serré et les pensées nombreuses car une fois passé indemne du départ, où il y aura du brouillard et une mauvaise visibilité, il y a toute la Biscaye à traverser, puis le Cap Finisterre avec son trafic marchand, ses alizés, ses grands bateaux de pêche espagnols et la côte portugaise Vigo, Lisbonne, Porto et Trafalgar, dont le nom est lié à la bataille navale rendue célèbre par les exploits de Nelson Amiral de la flotte navale anglaise où, malgré la victoire, l'un des stratèges navals les plus redoutés de l'histoire trouva la mort
Le Finisterre sera difficile, il n'a pas besoin d'être présenté car peu de marins ont déjà navigué ici où le froid glacial, les vents forts et les vagues énormes se rencontrent sur ce cap légendaire.
Je me dis que nous avons tout fait, nous avons peu navigué mais nous avons fait beaucoup d'heures de chantier, le bateau est bien préparé, je suis calme même si je crois que dans ces occasions la tranquillité n'est pas au rendez-vous, il est impossible de s'habituer à ces émotions de vrais marins quand on lâche les cordages à la poupe ainsi que toutes les attaches avec la terre ferme, les affections, la famille, les amours, les souvenirs... l'esprit s'éclaircit, les quais se vident et on vous appelle pour le remorquage, à partir de ce moment-là, il n'y a plus que moi et Pegaso.
On dit que l'histoire doit nous apprendre à ne pas faire les conneries habituelles, il y a deux ans La Corogne et Finisterre m'ont empêché de passer, peut-être qu'ils avaient raison et que la loi de la mer m'a enlevé le mât, mais cela m'a permis de ramener Pegasus et la peau à terre, en devenant un marin plus solide, avec beaucoup d'expérience et encore plus de détermination.
J'ai atterri à Grand Canaria, un grand objectif atteint, mais maintenant vient le "big one" 3200miles (environ 6500km) d'océan des Canaries aux Caraïbes, en espérant que les ouragans nous laisseront passer...
Pegaso est là, et avec lui toute la Marine, avec les structures de l'arsenal qui l'ont accueilli ces quatre dernières années: Naples, Cagliari, La Spezia, mais aussi les bases de la Capitanerie de Gênes, Fiumicino, et Sanremo, sans oublier le Centro Sportivo Agonistico di Roma et MarisportVela, qui nous coordonne ainsi que d'autres athlètes olympiques
Les partenaires techniques et tous les amis qui ont donné leur soutien, que ce soit une poignée de main, un like sur facebook, un appel téléphonique... sont fondamentaux pour compléter cette grande équipe italienne qui, avec des moyens inférieurs, compense avec beaucoup de cœur, d'engagement, de professionnalisme et une détermination féroce à y croire.
Concentration maximale sur la préparation du bateau, l'étape sera consacrée au contrôle total de Pegaso, des équipements, des systèmes et à l'étude de la stratégie de course pour arriver prêt à affronter les 25 jours d'océan qui nous séparent du continent américain avec humilité et prudence".
LINK DROPBOX : https://www.dropbox.com/sh/u6655ty2764rfa6/AABHR9D4rpYnjO-Pa56MKwzLa?dl=0
CRÉDIT PHOTO& VIDÉO : DÉPART& ARRIVÉE CHRISTOPHE BRESCHI / À BORD ANDREA PENDIBENE


















